Eviter les erreurs

Avec le grand boom de l’Aliyah française en 2014, Ariel Picard est devenu coordinateur du projet Aliyah-France au ministère israélien de l’Intégration

Arrivé en Israël il y a 35 ans, Ariel Picard, ancien économiste du ministère de la Santé, a toujours gardé un œil bienveillant sur les nouveaux immigrants, surtout lorsqu’ils arrivaient de France.

Ariel PicardCourtesy

Quel est votre rôle au sein du ministère de l’Intégration ?

Mon but essentiel est de coordonner et de faciliter l’Aliyah de France. Ma mission est d’être en relation avec les principaux organismes français tels que Qualita, AMI ou l’Agence juive et de les représenter au ministère. Un ministère qui, jusqu’à présent, manquait de francophones. Aujourd’hui nous souhaitons encadrer l’Aliyah pour qu’elle soit systématiquement réussie.

Pour vous, qu’est-ce qu’une Aliyah réussie ?

Une Aliyah réussie est une Aliyah bien préparée. En apprenant l’hébreu et en aillant dument réfléchi où nous comptons habiter en Israël, ainsi qu’en arrivant avec un projet d’avenir, on augmente considérablement ses chances de réussite. La clé du succès, est d’arrivé préparé. C’est aussi pour cela que le ministère de l’Intégration alloue des budgets à l’Agence juive, qui fait son travail en amont.

Quel sont les principaux obstacles/défis à la réussite d’une Aliyah ?

Le logement peut très vite devenir un véritable problème. Il est indispensable de prendre en compte qu’il faut en moyenne deux ans à un nouvel immigrant pour s’insérer professionnellement. Ce qui veut dire qu’il faut arriver en Israël avec une réserve financière conséquente. En outre, il faut limiter la prise de risque liée à l’inconnu : se renseigner sur la reconnaissance de son diplôme ou sur la solidité du marché du travail dans son propre domaine. Pour les familles, il est important de savoir que le système scolaire français est très différent du système scolaire israélien, qui est payant.

Quelles sont, s’il y en a, les erreurs à ne pas faire lorsqu’on s’installe en Israël ?

La principale : aller s’installer dans une ville trop chère. Je me répète mais c’est extrêmement important ! Quelqu’un qui avait bien compris qu’il ne pouvait pas s’offrir la capitale ou les banlieues chics en France devrait éviter Tel Aviv, Jérusalem, ou même Ashdod et Netanya qui sont devenues chères. Pourquoi s’endetter ?

Il y a aujourd’hui en Israël nombre de villes très attractives pour les nouveaux immigrants. Je pense notamment à Or Akiva, Carmiel, Kiryat Gat, Bet Shemesh ou Hadera. Grace au train, elles sont proches des grandes villes et de leurs opportunités.

Quels sont les projets du ministère de l’Intégration pour 2016-2017, concernant l’Aliyah de France ?

Continuer. Continuer de renforcer le nombre de fonctionnaires dans les différents bureaux du gouvernement et des mairies. Continuer de promouvoir les oulpanim privés du soir pour les adultes et les cours de soutien l’après-midi pour les enfants. Continuer de soutenir l’Agence juive et l’OSM (Organisation Sioniste Mondiale) et continuer de pousser pour la reconnaissance des diplômes français.

Pensez-vous que les nouveaux immigrants français arrivent aujourd’hui à s’intégrer correctement à la société israélienne ?

L’Aliyah est un investissement sur l’avenir. Il ne faut pas se voiler la face, un français qui arrive en Israël après l’âge de 20 ans sera – dans son esprit - toujours français. Ses enfants par contre, naitront Israéliens. L’intégration totale se fait au niveau des enfants, s’est aussi pourquoi nous concentrons nos efforts sur la jeunesse. Mais pour les personnes plus âgées la facilitation est essentielle. Il est primordial que chacun se sente ici chez lui.

Que répondez-vous aux Israéliens qui trouvent que l’aide aux olims est injuste ?

La première loi qu’a créé David Ben Gurion est la loi du Retour, elle fait partie du fondement de l’Etat d’Israël. Ce sont les règles du jeu et je leur dirais deux choses : d’abord qu’il est très possible que leurs parents ou grands-parents aient profité, eux aussi, de ces aides. Ensuite, qu’ils n’oublient jamais qu’au final c’est Israël qui est gagnant.

Pour plus de renseignements sur le ministère de l'Integration : www.moia.gov.il